Pour information: je n'ai pas de compte Facebook. L'homonymie est parfois encombrante ! Et aussi, je conteste la validité de Wikipédia à mon sujet. Pour me contacter joelbastard@hotmail.com

TOUT CE QUE LA NUIT







avec des peintures de Claire Nicole


CHASSEUR DE PRIMES





Le chasseur de primes marche lentement sur le trottoir, repère une affiche, un appel à candidature l’intéresse. D'un geste sûr, le regard sur le lointain, il arrache l’espoir d’une prime.  Au calme sous les nuages noirs troués de bleus, de blancs, de lumières romantiques, ô peintures, je m'ennuie toujours. Et toujours dans ces cas-là, l'enfance, l'adolescence, le reste à vivre et toutes les déclinaisons particulières à l'endroit de l'ennui. L'ennui comme lieu de résidence. L'écrivain est entre deux châteaux, deux églises romanes, deux bergeries, deux rivières, deux ciels...Un lieu de résidence entre deux dans un espace qui n'existerait que pour lui seul. Il écrit ce qu'il voit avec cette espérance démesurée de devenir ce qu'il est sous les paupières. Il donne à voir la traversée méthodique de son pays intérieur. Car chacun le sien en ses yeux. Ce qu'il donnera ensuite à lire, peut-être, c'est l'espace qui règne autour de la bête difforme dans le dernier retranchement avant le mur. L'os. Tiens, la poésie revient ! Faut dire qu'il n'y a rien de mieux pour exprimer l'entre deux mots.




On ne discute pas la rémunération de l’éditeur, de l'imprimeur, de l'ouvrier du livre, du critique littéraire, du journaliste, du diffuseur, du livreur, du libraire, du caissier, du facteur et pour finir du comédien. Mais vous monsieur l'écrivain, vous faites cela pour le plaisir ! L'argent est si sale, comme je vous envie. Moi aussi j'écris un peu et il est évident qu'il n'est pas question d'argent dans cette activité. Vous faites donc un peu d'écriture. J'en connais d'autres qui font un peu de meubles, un peu de confitures, un peu de jardin, un peu de maçonnerie, un peu d'élevage, un peu de médecine… 


Le chasseur de primes ne doit pas s’attacher à son employeur, ni au pays qui l’héberge, sous peine de troubles affectifs et de manques trop prégnants. Il risque de baisser sa garde et de ne plus prospecter l’univers en quête d’autres horizons. Alors, il jongle avec l’absence, ironise tendrement sur la précarité des sentiments. Lorsqu’il trouve un nouveau chantier d’écriture, il vide ses yeux et son esprit pour faire de la place à la nouveauté. Bien entendu il s’use comme s’use toute masse musculaire. De retour au foyer, sur la scène du repos, s’avancent vers lui les traces anciennes.


  Marc Pautrel en parle sur son blog
Georges Guillain en parle sur son blog LES DÉCOUVREURS
Jacques Josse en parle sur Remue.net



...Alors, je viens de lire CHASSEUR DE PRIMES. J’ai beaucoup souri, sans doute parce que je reconnaissais certaines situations, ou les visualisais facilement. Aussi parce que cet humour sous-jacent est une vraie réussite pour rehausser avec pudeur la mélancolie ou les faux-pas de la vie. À faire lire à tous les écrivains (et aux autres aussi, le lectorat manquerait de saveur sinon !), même (surtout ?) à Marc-Édouard Nabe ! ...Hervé Brunaux
 

CLUB CULTURE ANGERS TÉLÉ

Club Culture du 07/03 - le poète Joël Bastard

Emission consacrée à l’actualité culturelle du Maine-et-Loire.

MÊME SI






Christine Python 
chante Joël Bastard

avec 

Christian Graf
Pierre-François Massy
Marcel Papaux

Précisions sur Unit Records Switzerland

Interview de Christine Python avec Christian Graf 
dans l'émission JazzZ sur Espace 2 le jeudi 6 mars à 22h30

Jacques Fournier en parle sur Ici et là

Archive radio TSR, Rencontre entre une chanteuse, 
un poète et un compositeur
Magma du 5 mars

 Un article dans Concerto Magazin 
( magazine autrichien sur le jazz )

À L'INSTANT DE VOUS QUITTER





On fait une pause devant l’abandon d’une mare. Tout nous bouleverse, le peu de vie, quelques notonectes glauques nagent obscurément dans une eau glacée, saturée d’immobiles. On guette un saut, un plongeon, même le sourire noyé d’une fée, rien. Heureusement, car nous n’oserions pas faire un bouche-à-bouche là-dedans. Quelques gouttes de pluie cognent l’eau dure pour quelques ronds poussifs sans échos. Puis on abandonne l’abandon. Nous ne pouvons rien pour lui. Sinon ce trop plein d’émotions à peine troublé par le passage incongru des notonectes répétitifs.


 Éditions Atelier de Villemorge
Édition courante ( 100 ex )
avec 6 dessins d'Edward Baran

IMPROJAZZ N°201



IMPROJAZZ N°201 - Janvier 2014


avec Stan Tracey, Damo Susuki, Paul Dunmall, Joachim Badenhorst, Jean-Luc Nancy, Joël Bastard...


Le parquet est encaustiqué au 22 allée des Irlandais à Massy-Palaiseau. Le terrain vague s’étend du bâtiment jusqu’à l’aéroport d’Orly. Un zeppelin publicitaire balance dans le ciel accroché à son filin d’acier. De la fenêtre de la cuisine on peut voir les toits plats, en tôles noires ou grises, d’un bidonville où des centaines d’hommes et de femmes entrent et sortent par un passage étroit dans la longue palissade qui longe la rue curieuse de la ville dans la ville. Mon père revient de Saclay, le centre de recherche nucléaire, il allume la télévision pour regarder les informations sur la chaîne en noir et blanc. Louis Amstrong apparaît dans un club de jazz avec sa trompette, son mouchoir et sa voix chaude. Un autre jour ce sera Django Reinhardt qui apparaîtra sur l’écran bombé de la salle à manger, ses doigts vont et viennent sur les cordes de sa guitare et font vite la musique. Son style est musclé, joyeux, un peu gangster. Moustaches tranchantes de caravane ! Il n’y a pas de disques de jazz à la maison. Ce que l’on peut trouver dans le meuble en teck près du canapé vert, à côté d’un cendrier sur pied : Mouloudji, Giani Esposito, Georges Brassens …pour mon père et Leny Escudero, Régina et Bruno, Enrico Macias, Henri Salvador…pour ma mère...

...la suite dans le magazine papier !

ENTRE DEUX LIVRES

Vient de paraître



Hier, au bord du canal, un vieil homme parlait dans une chaise roulante poussée par son fils. Il lui racontait ses voyages, son impatience, ses trafics en tous genres et ses colères, l’alcool et la drogue. Il avait même était blessé au révolver par un homme qui l’aimait passionnément. Raconte-moi tout papa. Il avait été violé par des militaires avinés, pantalons aux chevilles, ça remuait derrière. Sa face fut définitivement déchirée contre le mur. Et puis, bien plus tard, la rencontre avec sa mère. Ta mère, quelle beauté, quelle bonté. Elle m’a sauvé. J’étais épuisé, malade. Elle a rafraîchi mon âme brûlante, car je brûlais. Tout allait si vite. Le vieil homme bavait sur sa chemise et le fils l’épongeait, lui remettait en place son chapeau de paille. La canicule faisait bouillir les cervelles. Dans l’allée de l’hospice, une infirmière décida que tout le monde devait rentrer dans le réfectoire, à l’ombre des ventilateurs. Allez monsieur Rimbaud, il faut rentrer maintenant, vous allez attraper une insolation. J’espère que vous avez fait une agréable promenade.

D.D en parle un peu sur Radio Univers