LE PONT MATHURINE

Vient de paraître



Dans un fort non loin d’une frontière, des militaires attendent on ne sait trop quoi, l’ennemi, l’amour, l’honneur, la mort…Le capitaine, tout en déclamant des alexandrins, projette de faire construire un pont, le pont Mathurine. Ce dernier n’a aucune raison d’être, n’ira nulle part, mais l’armée s’empare du projet avec jubilation. Au pied du fort, des « civils » regardent et commentent avec gouaille ce monde absurde qui va à vau-l’eau, sorte de chœur antique déjanté. Dans cette pièce de théâtre, Joël Bastard nous emmène au bord de la folie, dans une langue moqueuse et truculente.


Capitaine- Construire un pont au-dessus des terres. Au-dessus de l’eau. Au-dessus des ombres rampantes de la nuit. Au-dessus des regards fous. Au-dessus des marais putrides. Marcher à sec, longtemps. Au-dessus des jardins et des toits.

Sergent- Oui Capitaine. Et ce pont, quelle longueur ? Quelle largeur ? D’où à où ce pont, Capitaine ?

Capitaine- Bien au-dessus des petites lumières ridicules, pauvres pépins de melon égarés dans la nuit. Bien au-dessus des petites chaumières aux odeurs de tripes et de choux farcis de tripes et encore de choux, les volets clos sur la puanteur. Construire un pont qui partirait de là, il regarde ses pieds, et irait là, il fait de grands gestes, puis là, là, là. Il passerait par là. Traverserait ces terres-là-bas, reviendrait par ce côté-ci, longerait cet aplomb de roche, s’enfoncerait dans la forêt, gagnerait les mers que nous possédons.

Sergent- C’est grand Capitaine ! 

Pantone 40, un bestiaire ( Anthologie )



Vient de paraître


40e recueil des éditions Le Miel de L'Ours, le poète et son animal ( poèmes inédits de 50 poètes et artistes ). Parmi les auteurs de l'anthologie : Mousse Boulanger, François Debluë, Claire Krähenbühl, Joël Bastard, Mira Wladir, Amélie Plume, Alain Bagnoud, Heike Fiedler, Marie Tavera, Claire Genoux, Catherine Fuchs, Françoise Delorme, Jacques Moulin, Claude Darbellay, Année Quinze, Sylvain Thévoz, Eliane Vernay, Rolf Doppenberg, Anne-Sophie Subilia, Denise Mützenberg, Patrice Duret, Frédérique Baud-Bachten, ...





Coup de cœur parole enregistrée de l'académie Charles Cros 2014 pour " MÊME SI, Christine Python chante Joël Bastard "





décerné le 15 juin
au marché de la poésie à Paris



Christine Python 
chante Joël Bastard

avec 

Christian Graf
Pierre-François Massy
Marcel Papaux

vous pouvez commander ce CD à
Unit Records Switzerland

Tous les coups de cœurs 2014

Nicolas Lambert en parle dans VIVA LA MUSICA n°350
( le journal de l'AMR )

Interview de Christine Python avec Christian Graf 
dans l'émission JazzZ sur Espace 2 le jeudi 6 mars à 22h30

Jacques Fournier en parle sur Ici et là

Archive radio TSR, Rencontre entre une chanteuse, 
un poète et un compositeur
Magma du 5 mars

 Un article dans Concerto Magazin 
( magazine autrichien sur le jazz )


Un article de François Couture 
sur Monsieur Délire ( Quebec )

TOUT CE QUE LA NUIT







avec des peintures de Claire Nicole


CHASSEUR DE PRIMES





Le chasseur de primes marche lentement sur le trottoir, repère une affiche, un appel à candidature l’intéresse. D'un geste sûr, le regard sur le lointain, il arrache l’espoir d’une prime.  Au calme sous les nuages noirs troués de bleus, de blancs, de lumières romantiques, ô peintures, je m'ennuie toujours. Et toujours dans ces cas-là, l'enfance, l'adolescence, le reste à vivre et toutes les déclinaisons particulières à l'endroit de l'ennui. L'ennui comme lieu de résidence. L'écrivain est entre deux châteaux, deux églises romanes, deux bergeries, deux rivières, deux ciels...Un lieu de résidence entre deux dans un espace qui n'existerait que pour lui seul. Il écrit ce qu'il voit avec cette espérance démesurée de devenir ce qu'il est sous les paupières. Il donne à voir la traversée méthodique de son pays intérieur. Car chacun le sien en ses yeux. Ce qu'il donnera ensuite à lire, peut-être, c'est l'espace qui règne autour de la bête difforme dans le dernier retranchement avant le mur. L'os. Tiens, la poésie revient ! Faut dire qu'il n'y a rien de mieux pour exprimer l'entre deux mots.




On ne discute pas la rémunération de l’éditeur, de l'imprimeur, de l'ouvrier du livre, du critique littéraire, du journaliste, du diffuseur, du livreur, du libraire, du caissier, du facteur et pour finir du comédien. Mais vous monsieur l'écrivain, vous faites cela pour le plaisir ! L'argent est si sale, comme je vous envie. Moi aussi j'écris un peu et il est évident qu'il n'est pas question d'argent dans cette activité. Vous faites donc un peu d'écriture. J'en connais d'autres qui font un peu de meubles, un peu de confitures, un peu de jardin, un peu de maçonnerie, un peu d'élevage, un peu de médecine… 


Le chasseur de primes ne doit pas s’attacher à son employeur, ni au pays qui l’héberge, sous peine de troubles affectifs et de manques trop prégnants. Il risque de baisser sa garde et de ne plus prospecter l’univers en quête d’autres horizons. Alors, il jongle avec l’absence, ironise tendrement sur la précarité des sentiments. Lorsqu’il trouve un nouveau chantier d’écriture, il vide ses yeux et son esprit pour faire de la place à la nouveauté. Bien entendu il s’use comme s’use toute masse musculaire. De retour au foyer, sur la scène du repos, s’avancent vers lui les traces anciennes.


  Marc Pautrel en parle sur son blog
Georges Guillain en parle sur son blog LES DÉCOUVREURS
Jacques Josse en parle sur Remue.net



...Alors, je viens de lire CHASSEUR DE PRIMES. J’ai beaucoup souri, sans doute parce que je reconnaissais certaines situations, ou les visualisais facilement. Aussi parce que cet humour sous-jacent est une vraie réussite pour rehausser avec pudeur la mélancolie ou les faux-pas de la vie. À faire lire à tous les écrivains (et aux autres aussi, le lectorat manquerait de saveur sinon !), même (surtout ?) à Marc-Édouard Nabe ! ...Hervé Brunaux
 

CLUB CULTURE ANGERS TÉLÉ

Club Culture du 07/03 - le poète Joël Bastard

Emission consacrée à l’actualité culturelle du Maine-et-Loire.

À L'INSTANT DE VOUS QUITTER





On fait une pause devant l’abandon d’une mare. Tout nous bouleverse, le peu de vie, quelques notonectes glauques nagent obscurément dans une eau glacée, saturée d’immobiles. On guette un saut, un plongeon, même le sourire noyé d’une fée, rien. Heureusement, car nous n’oserions pas faire un bouche-à-bouche là-dedans. Quelques gouttes de pluie cognent l’eau dure pour quelques ronds poussifs sans échos. Puis on abandonne l’abandon. Nous ne pouvons rien pour lui. Sinon ce trop plein d’émotions à peine troublé par le passage incongru des notonectes répétitifs.


 Éditions Atelier de Villemorge
Édition courante ( 100 ex )
avec 6 dessins d'Edward Baran

IMPROJAZZ N°201



IMPROJAZZ N°201 - Janvier 2014


avec Stan Tracey, Damo Susuki, Paul Dunmall, Joachim Badenhorst, Jean-Luc Nancy, Joël Bastard...


Le parquet est encaustiqué au 22 allée des Irlandais à Massy-Palaiseau. Le terrain vague s’étend du bâtiment jusqu’à l’aéroport d’Orly. Un zeppelin publicitaire balance dans le ciel accroché à son filin d’acier. De la fenêtre de la cuisine on peut voir les toits plats, en tôles noires ou grises, d’un bidonville où des centaines d’hommes et de femmes entrent et sortent par un passage étroit dans la longue palissade qui longe la rue curieuse de la ville dans la ville. Mon père revient de Saclay, le centre de recherche nucléaire, il allume la télévision pour regarder les informations sur la chaîne en noir et blanc. Louis Amstrong apparaît dans un club de jazz avec sa trompette, son mouchoir et sa voix chaude. Un autre jour ce sera Django Reinhardt qui apparaîtra sur l’écran bombé de la salle à manger, ses doigts vont et viennent sur les cordes de sa guitare et font vite la musique. Son style est musclé, joyeux, un peu gangster. Moustaches tranchantes de caravane ! Il n’y a pas de disques de jazz à la maison. Ce que l’on peut trouver dans le meuble en teck près du canapé vert, à côté d’un cendrier sur pied : Mouloudji, Giani Esposito, Georges Brassens …pour mon père et Leny Escudero, Régina et Bruno, Enrico Macias, Henri Salvador…pour ma mère...

...la suite dans le magazine papier !

ENTRE DEUX LIVRES

Vient de paraître



Hier, au bord du canal, un vieil homme parlait dans une chaise roulante poussée par son fils. Il lui racontait ses voyages, son impatience, ses trafics en tous genres et ses colères, l’alcool et la drogue. Il avait même était blessé au révolver par un homme qui l’aimait passionnément. Raconte-moi tout papa. Il avait été violé par des militaires avinés, pantalons aux chevilles, ça remuait derrière. Sa face fut définitivement déchirée contre le mur. Et puis, bien plus tard, la rencontre avec sa mère. Ta mère, quelle beauté, quelle bonté. Elle m’a sauvé. J’étais épuisé, malade. Elle a rafraîchi mon âme brûlante, car je brûlais. Tout allait si vite. Le vieil homme bavait sur sa chemise et le fils l’épongeait, lui remettait en place son chapeau de paille. La canicule faisait bouillir les cervelles. Dans l’allée de l’hospice, une infirmière décida que tout le monde devait rentrer dans le réfectoire, à l’ombre des ventilateurs. Allez monsieur Rimbaud, il faut rentrer maintenant, vous allez attraper une insolation. J’espère que vous avez fait une agréable promenade.

D.D en parle un peu sur Radio Univers